Bourbonnais : Plus une balade dans le parc pour les Alouettes
Renaud Bourbonnais
Graham Hughes
MONTRÉAL – Ce qui semblait être une balade dans le parc pour les Alouettes de Montréal il y a quelques semaines pourrait devenir une course qui nécessite la photo d'arrivée pour déterminer un gagnant.
Les Argonauts de Toronto jouent leur meilleur football de la saison et commencent à souffler dans le cou des Oiseaux au sommet de la division Est de la LCF. Les Torontois ont remporté leurs quatre derniers matchs et sept de leurs neuf derniers.
Vous êtes nombreux à m’en avoir parlé cette semaine.
Et je comprends votre inquiétude.
Toutefois, je me permets de vous rappeler que le chiffre magique des Alouettes est présentement de 1. Une victoire de Montréal lors de ses quatre derniers matchs OU une défaite de Toronto à ses trois derniers assurerait aux Alouettes de terminer au sommet du classement dans l’Est, de bénéficier d’une semaine de congé au premier tour des éliminatoires et d’accueillir la finale de leur division au stade Percival-Molson.
Ce qui en inquiète plusieurs, c’est que Montréal amorce l’une des séquences les plus intenses de son calendrier : Winnipeg sera en ville samedi prochain, suivi d’un programme aller-retour contre la Saskatchewan et, finalement, le dernier duel de la saison régulière, à Toronto.
Ce qu’on oublie toutefois de mentionner, c’est que les Argonauts ont aussi une fin de saison ardue en vue : l’équipe de l’heure, les Lions de la Colombie-Britannique, forte de sept victoires à ses huit derniers matchs, sera dans la ville Reine samedi après-midi. Idéalement, Montréal voudra régler ce dossier avant l’affrontement final entre ces deux équipes le 23 octobre.
QUI SONT LES ARGONAUTS DE 2026?
Comment cette équipe, dont la défense était une véritable passoire en début de saison, arrive maintenant à tirer l’épingle de son jeu? L’unité défensive menée par l’ancien membre du personnel des Alouettes, Greg Quick, a assurément élevé son niveau de jeu d’un cran. Les secondeurs Adarius Pickett et Isaac Darkangelo mènent la Ligue pour les plaqués défensifs et les ajouts du demi défensif Bubba Bolden et du joueur de ligne défensive Shawn Lemon en cours de saison sont venus donner un vent de fraîcheur à l’équipe, même si les derniers matchs ont été plus tranquilles pour Lemon.
La vérité reste toutefois que cette équipe aime jouer avec le feu. Vendredi, à Winnipeg, l’attaque torontoise était complètement muselée en début de match, n’obtenant aucun premier essai lors de ses trois premières séquences. Le 16e touché sur un retour de botté de la carrière de Janarion Grant a toutefois permis à l’équipe de rester dans le match.
Pour la septième fois en 15 matchs, et pour une troisième sortie consécutive, le quart-arrière Chad Kelly a été victime d’au moins deux interceptions. La zone payante est particulièrement problématique pour lui. Lors de ses trois derniers matchs, Kelly a été victime de cinq revirements dans la dernière portion du terrain. C’est inacceptable. L’attaque des Argonauts a un style « tout ou rien ». Souvent, elle réussit de très courtes séquences marquées par un long jeu qui permet de traverser le terrain au complet.
Les Blue Bombers auraient dû gagner le match de vendredi. Le demi offensif étoile Brady Oliveira connaissait toute une rencontre, et le coordonnateur à l’attaque Tommy Condell s’est trop souvent obstiné à ne pas lui remettre le ballon en premier essai lors de la deuxième demie.
En plus, Toronto a encore une fois prouvé que son attaque au sol est inexistante. C’est un problème qui remonte à l’an dernier.
Bien que cette équipe soit capable d’étincelles de toutes sortes, j’ai de la difficulté à investir des points de confiance en une équipe dont la meilleure unité (l’attaque) est unidimensionnelle.
BLANCHARD À L’HONNEUR
Le Québécois et ancien du Rouge et Or de l’Université Laval Vincent Blanchard a établi un record de la LCF en réussissant rien de moins que neuf placements dans la victoire des Elks d’Edmonton par la marque de 37-35 contre les Tiger-Cats de Hamilton, samedi. Au total, ces bottés ont voyagé sur 317 verges! Et comme l’indique la marque finale, chacun d’entre eux a été important!
Cette victoire était d’une importance capitale pour Edmonton, qui tente de terminer au premier rang de la division Ouest et d’accueillir un premier match éliminatoire au stade du Commonwealth depuis… 2015!
En raison de cette défaite, les Tiger-Cats sont officiellement éliminés de la course aux éliminatoires. C’est donc dire que pour une deuxième année de suite, une équipe de l’Ouest croisera dans l’Est pour le tournoi d’après-saison. Dommage pour cette équipe qui a, sur papier, une formation digne d’un championnat. La blessure qui a mis fin à la saison du quart-arrière Bo Levi Mitchell aura finalement bel et bien eu raison de cette équipe, qui n’a pas su tenir la tête hors de l’eau au cours de la tempête.